KILLASON, LE NOUVEAU PRODIGE DE LA SCÈNE URBAINE

21 04 2017

Son nom ne vous dit peut-être encore rien, mais il est en train de devenir le nouveau prodige de la scène urbaine. À 22 ans, KillASon, de son vrai nom Marcus Dossavi-Gourdot, a déjà une cinquantaine de scènes à son actif, dont le célèbre Olympia, en novembre dernier, en première partie de Jain. Aujourd’hui, il sort son deuxième EP : STW1, avant de partir pour l’Asie, et conquérir le monde.

Sa tête émerge de la terre. Parfois en fourrure rouge au dessus d’un rocher ou d’une voiture, parfois torse nu en train de danser. KillASon s’illustre dans son dernier clip : Wrong. Il rappe, il danse, mais surtout il performe. L’artiste fait de l’energy music comme il aime revendiquer, « une base hip hop forte avec des influences électro et pop », précise-t-il à Urban Act’ magazine. De l’energy music aussi parce qu’ il « donne beaucoup d’énergie en concert, et musicalement il y a beaucoup de variations, de tons, et de styles ».

 

Après seulement 2 ans de carrière, aujourd’hui est une nouvelle étape pour le chanteur. Il sort son nouvel EP : STW 1 (qui signifie Strange The World 1) : cinq titres en version digitale, et un de plus en version physique. Son deuxième projet, après The Rize, sorti en février 2015. « STW1 est beaucoup plus spatial, plus mélodique que The Rize, qui était plus dans la puissance avec des gros beats, explique-t-il. Les thématiques sont plus personnelles, et certains sons sont plus posés, ça amène à voyager.» KillASon nous fait effectivement voyager. Il nous emmène dans son monde. Un monde influencé d’artistes tels qu’Outkast, Lil Wayne, Busta Rhymes, Bob Marley, Police, Michael Jackson, mais aussi Dr Dre, Snoop Dogg, Kendrick Lamar, ou encore Daft Punk, « la french touch », selon lui. Une touche française qu’il n’hésite pas non plus à proclamer dans ses textes exclusivement anglais, en y parsemant quelques mots français.

S’il semble déjà conquérir une partie de la France – on le retrouvera au festival des Eurockéennes en juillet prochain aux côtés de Booba et PNL, mais aussi aux Vieilles Charrues (M.I.A, Macklemore et Ryan Lewis, Dj Snake, etc. ) –, KillASon va prochainement partir en Chine, en Corée du Sud et au Vietnam. Deux semaines « d’aventure » grâce au dispositif French Miracle Tour, qui promeut des artistes francophones en Asie. « Il y a énormément de potentiel en Asie parce qu’il n’y a pas autant d’artistes qu’en Europe, se réjouit-il. Il y a vraiment une place à prendre en tant qu’artiste étranger, notamment en Chine. » Par la suite, le rappeur parcourra la France avec ses propres dates, et pense déjà à sortir un prochain EP en automne. Quant à la réalisation d’un album, ce ne sera pas de suite. « On verra si je sors un album dans 2 ans ou pas, en fonction des retours, et comme je suis aussi à la fac », ajoute-t-il.

 

La musique dans le sang

Avec une mère et un père danseurs-chorégraphes, et un beau-père musicien, le rappeur a toujours baigné dans le milieu artistique. Il a pris des cours de batterie pendant 7 ans, puis s’est initié à l’âge de 17 ans à la MAO, musique assistée par ordinateur, grâce à son beau-père, qui continue à le former. Aujourd’hui, KillASon compose lui-même ses morceaux et écrit ses textes. « La musique m’a toujours procuré des choses que ce soit d’un point de vue émotionnel ou corporel, je me suis donc rapidement mis à danser et à chanter », explique-t-il. Car oui, le chanteur est aussi un danseur de hip hop confirmé. Quand il en a l’occasion, il continue à participer à des battles. Le reste du temps, il crée des chorégraphies sur ses propres sons.

À 20 ans, il joue son premier « vrai » concert à la Smac (Scènes de musiques actuelles) de Poitiers, la ville où il a grandi. De là, tout s’enchaîne. Il se fait remarquer, remporte des concours, et accumule les prestations. Il faut dire que KillASon sur scène c’est quelque chose ! Le rappeur sait comment occuper l’espace et le temps. Il danse, gesticule, et enchaîne lui-même les morceaux. Résultat? Le public est rapidement conquis. Il l’a notamment prouvé l’été dernier au festival Rock en Seine. « Les gens apprécient énormément le live, les retours sont très positifs », souligne-t-il.

 

Son propre produit marketing

«  Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai créé quelque chose mais j’essaie d’innover d’un point de vue marketing et communication », souligne le jeune rappeur. Étudiant en master de Marketing à l’université Paris-Dauphine, KillASon met à profit ses cours pour façonner son image. Il est son propre produit marketing. « Mes études m’aident dans ce que je fais actuellement. En tant qu’artiste, tu as énormément de marketing et de communication de l’image, j’applique moi-même des notions, des modèles, et des théories », poursuit-il. Acharné et optimiste, KillASon compte poursuivre ses études quoi qu’il arrive. « Je terminerai mes études, ça n’entravera pas mon évolution artistique, je vais y arriver, se persuade-t-il. J’ai toujours été déterminé dans ce que je voulais faire, et plus ça va, plus ça me confirme que j’ai eu raison de suivre ce chemin ».

Une énergie, une force mentale, mais aussi un avant-gardisme qui le propulsent aux rangs d’artistes urbains émergents. Dernièrement, il a réussi à convaincre Yves Saint Laurent Beauté de figurer dans une vidéo promotionnelle. 1 minute 34, vues plus d’un million de fois sur YouTube, qui relatent le portrait de l’artiste. Les cinémas MK2, eux, diffusent depuis peu le teaser de son clip Wrong pendant les pubsSi après ça, vous n’êtes toujours pas allés écouter ou voir KillASon, vous aurez sûrement tort… – Nadia B.

 

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TATOUAGE ET RAPPEURS

7 04 2017

Du 3 au 5 mars, la Grande halle de la Villette (Paris) a accueilli la nouvelle édition du Mondial du tatouage. 30 000 visiteurs ont découvert le travail des plus grands tatoueurs, des expos, mais aussi des concerts, exclusivement rock et électro. Pourtant, s’il y a bien un style musical qui aime se prendre au jeu des aiguilles, c’est le rap. Revendicatif, identitaire, ou inspiré des gangs, le tatouage des rappeurs nous en révèle plus qu’on ne le pense.

« Thug Life » sur le torse de 2Pac, des larmes au coin de l’œil de Lil Wayne, un crâne sur la main de Seth Gueko, les tatouages font partie de la panoplie des rappeurs. Ils trouvent leur inspiration dans leur propre histoire, leur identité, mais révèlent des similitudes entre eux. Des similitudes qui les différencient des autres courants musicaux. « Dans l’univers du rap et du hip hop, c’est totalement différent. Je le vois au niveau des typographies, à l’époque du rock c’était très gothique. Aujourd’hui on est dans un lettrage beaucoup plus marqué de l’univers du graff, et des tags », explique à Urban Act’ magazine, le rappeur français Sinik, qui a récemment ouvert son propre salon de tatouage à Paris : Watch My Tattoo. Si l’encre et le rap ont mis du temps à avoir des atomes crochus en France, ce n’est pas le cas aux États-Unis.

 

Une culture américaine…

« Il y a de plus en plus de rappeurs français qui se font tatouer, mais il y en a peu qui le sont beaucoup. Les premiers qui me viennent à l’esprit sont Booba et Seth Gueko », constate Sinik. Contrairement aux rappeurs européens, les Américains sont plus nombreux à être tatoués. Les plus connus : Wiz Khalifa, Lil Wayne, 2Pac, Eminem, Soulja Boy, Kid Ink, Kevin Gates, Rick Ross, The Game, Waka Flocka, ou encore Tyga. Tous sont recouverts d’encre, certains ne laissant entrevoir que quelques morceaux de peau. D’autres vont jusqu’à superposer les dessins, ou utiliser le moindre espace pour en rajouter. « Dans le rap américain, le tatouage est plus courant. C’est dans leur culture, affirme Sinik. Leur niveau de tatouage fait partie des meilleurs du monde. Sur le câble, on voit toute sorte d’émission spécialisée, comme Miami Ink. Leurs artistes, leur mode de vie, leurs joueurs de basket ont également contribué à cette culture, c’est pour ça qu’aujourd’hui les Américains ont un temps d’avance sur nous. »

Selon Valérie Rolle, sociologue et auteure de l’ouvrage L’art de tatouer, le processus de redéfinition et de réhabilitation de la pratique du tatouage est parti de la côte Est des États-Unis dans les années 1980. « L’arrivée de diplômés d’écoles d’art dans la pratique, le développement d’espaces de rencontre, comme les conventions internationales de tatouage, la diffusion de nouvelles pratiques (sanitaires, iconographiques) et de nouveaux discours sur le tatouage comme forme d’expression de soi, dont la circulation via les magazines de tatouage, ont notamment contribué à la recomposition sociale de la pratique », précise-t-elle à Urban Act’ magazine. Loin d’être cantonné au continent américain, le processus s’est par la suite alimenté d’échanges entre tatoueurs s’organisant à une échelle internationale, dont certains sont localisés en Suisse, aux Pays-Bas ou en France, poursuit la sociologue.

L’univers des gangs américains a néanmoins fortement inspiré les tatouages des rappeurs. En dehors du lettrage, qui est tout simplement l’action de marquer avec des lettres, certains symboles sont récurrents dans le milieu du rap.

 

…inspirée des gangs

Dans un article publié sur le site américain Hot New Hip Hop, une journaliste détaille la signification des tatouages les plus courants chez les rappeurs en lien avec les gangs. Les crânes ou têtes de mort, par exemple, symboliseraient chez les gangters, un membre haut placé, mais il peut être représentatif, d’une façon plus morbide, d’un assassinat ou d’un acte criminel. Les rappeurs qui portent des crânes n’ont pas forcément commis un meurtre, mais le symbole pourrait renvoyer à une image négative, mortuaire, ou à une période sombre de leur vie. Waka Flocka, qui a recouvert son torse de tatouages, avec des têtes de mort notamment, avait confié au magazine Complex : « Il y a tout un tas de douleurs sur ma poitrine. Quand une personne la voit, elle peut ressentir ma douleur ». 2Pac s’était, lui, fait tatouer un crâne sur le biceps droit, surmonté de l’inscription « heartless », qui signifie cruel. En dessous, on peut y lire : « My only fear of death is coming back reincarnated », soit « Ma seule peur de la mort c’est la réincarnation ». Dans le rap français, Seth Gueko est notamment connu pour son bas du crâne tatoué sur la main gauche. « J’aime beaucoup la tête de mort, c’est en plein dans l’univers des tatouages. Je suis un loubard des temps modernes. Et la tête de mort se poursuit depuis les groupes de rock, comme Iron Maiden par exemple, a-t-il expliqué au site web Konbini. J’ai toujours aimé les films d’horreur, les squelettes, les Contes de la Crypte aussi. C’était une manière de se faire une tête de mort, discrète, pouvoir la poser sur le visage pour dire “trop parler peut tuer”, c’est une belle illustration de cette phrase-là. »

À l’instar de Lil Wayne, The Game, Birdman, Kevin Gates, Nessbeal, ou Seth Gueko – qui a fait une variante -, certains rappeurs exhibent une larme au coin de l’œil. Symbole par excellence du gangster, la larme peut signifier qu’il a commis un meurtre – le nombre de larmes représentant le nombre de victimes -, qu’il a perdu un membre de son entourage, ou qu’il a été emprisonné. « Tout le monde se fait tatouer une larme sous l’œil, la larme à l’œil, mais moi j’ai l’arme à l’œil avec un flingue sous la paupière », a déclaré Seth Gueko à Konbini.

D’autres ont opté pour des ailes d’ange. Selon Hot New Hip Hop, « dans la culture traditionnelle des gangs, elles signifient la “sublimité”. Elles peuvent aussi faire référence à l’ange Gabriel, qui est connu dans la religion pour être un messager de Dieu. En fin de compte, si un gangster possède ce tatouage, il montre qu’il n’a pas peur de la mort ». Wiz Khalifa, Lil Wayne, Chris Brown, ou encore Lil Romeo en arborent.

Il n’est pas rare de voir d’autres symboles de gangsters sur le corps des rappeurs, comme les armes, les couronnes, les croix, ou d’autres dessins relatifs à la religion. « Comme les rockers et les adeptes des musiques électroniques, les rappeurs se sont appropriés le tatouage pour sa valeur anti-conventionnelle. Cependant, l’iconographie privilégiée au sein de ces diverses musiques est différente. Dans le rap, c’est surtout le lettrage et les icônes religieuses, originellement inspirés des gangs latino-américains, qui prédominent, explique la sociologue, Valérie Rolle. Dans le rock, cela a plutôt été des symboles qui jouent avec les tabous de nos sociétés occidentales (la mort, le malin), alors que dans la techno, le tribal a davantage été préféré. Les motifs de tatouage choisis, pour individuels qu’ils soient, renvoient ainsi toujours à l’appartenance de groupes sociaux, qui revendiquent eux-mêmes des filiations faisant partie du récit identitaire que le groupe s’est construit. » S’il est inspiré par l’univers des gangs, le rappeur n’en reste pas moins un musicien.

 

La musique dans la peau

« Mon premier tatouage, je devais avoir 22 ans. Je l’ai fait à New York, à Brooklyn. C’est un gorille que j’ai là (épaule droite) avec écrit B2Zoo », a répondu Booba dans une interview accordée à Canal Street, en 2011. Pseudonyme, nom d’album, groupe, ou même label, l’un des premiers tatouages du rappeur fait référence à la musique. Il se fait graver son identité artistique pour ne former qu’un avec son identité personnelle. Sinik, par exemple, s’est fait tatouer son pseudo sur la main gauche, tandis que Rick Ross et Seth Gueko ont choisi les phalanges. « Y a toujours ce problème de la recherche de la symétrie pour les tatouages. Et Seth sur une main a plus tard emmené Guex sur l’autre, a indiqué le rappeur français à Konbini. J’aime aussi beaucoup le groupe Mobb Deep, qui m’a vachement inspiré, et ils avaient fait aussi “Mobb Deep” sur les doigts. J’avais envie de faire le mien, personne l’avait fait dans le rap français. »

The Game a préféré le cou pour apposer son blaze, tandis que d’autres ont choisi des zones moins visibles, du moins, une fois habillés. C’est le cas de 2Pac avec son pseudonyme sur le pectoral gauche ; de Wiz Khalifa, qui a marqué « Khalifa » sur le haut de son dos, mais aussi « Wiz Khalifa » sur le biceps droit ; d’Asap Rocky qui s’est fait tatouer « Asap » sur la partie droite de ses abdos ; de Waka Flocka qui a fait graver Waka Flocka Flame sur ses abdos, tout comme Soulja Boy qui a choisi la même zone pour son pseudo.

Si l’on connait un rappeur c’est aussi, et surtout, pour ses titres. Les litres d’encre qu’il utilise pour écrire des textes, et le temps qu’il passe à concrétiser un projet, font partie des étapes marquantes de sa carrière. Certains n’hésitent pas à immortaliser l’intitulé de leurs plus grands titres ou de leurs albums sur le corps. The Game s’est fait tatouer « Hate it or love it » sur le haut de la poitrine, un titre qu’il a interprété avec 50 Cent. Rappelons que le morceau a connu un tel succès, qu’il a reçu en 2006 le Grammy Award de la meilleure chanson rap. Le rappeur français Nessbeal a fait graver « BECT » sur le bras gauche, en référence à l’un de ses titres, mais aussi un crâne portant une couronne, sur sa main droite, accompagné du sigle « R.S.C » en référence à son album Roi Sans Couronne. On peut également évoquer Booba et Seth Gueko qui ont quasiment un tatouage pour chacun de leur album. Booba arbore ainsi un « 0.9 » sur les abdos, un lion ailé sur le coude en référence à la pochette de Nero Nemesis, ou un « OS » sur le cou pour Ouest Side. Sur les épaules de Seth Gueko, on peut lire un « Professeur punchline », sur le haut de sa poitrine un « Drive by en caravane », ou encore sur son dos un « Bad Cowboy ».

Pour d’autres encore, musique rime avec groupe ou label. Certains rappeurs se sont forgés une identité artistique autour d’autres personnes. Par le tatouage, ils s’affirment en tant qu’entité. Joey Starr a par exemple gravé « NTM » sur l’arrière de son crâne, le nom du célèbre duo qu’il a formé avec Kool Shen, et avec lequel il a lancé sa carrière. Eminem a choisi de se faire tatouer sur chacun de ses bras, « D » et « 12 », en référence au groupe D12, qu’il a fondé en 1996. 50 Cent arbore, lui, un « G-Unit » sur le bas du dos. Côté label, Booba s’est fait tatouer « 45 » sur le cou, en hommage au label indépendant 45 Scientific, qu’il a fondé en 1999 avec le rappeur Ali.

#45

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On peut également évoquer Lil Wayne et son tatouage « Cash Money » sur le ventre : le nom du label de Birdman pour lequel il a travaillé. Mais aussi « YM » sur son cou : le logo de son propre label Young Money, qui n’est autre que la filiale de Cash Money. Le rappeur new-yorkais Diddy a inscrit « Bad Boy » sur son biceps droit, en référence au label qu’il a créé en 1993, et qui regroupait Notorious B.I.G. entre autres. Le rappeur français Nessbeal s’est, lui, fait tatouer « Verbal » et « Brolik » sur chacun de ses bras, en hommage au label qu’il a créé.

 

Appartenance territoriale

Qu’il représente un quartier, une ville ou un département, le territoire d’appartenance est sur tous les corps des rappeurs. Bien souvent lié à son enfance ou à ses origines, il peut être une simple rue, à l’instar de Lil Wayne qui s’est fait tatouer « Apple » et « Eagle » sur le ventre, le nom des deux rues (qui se croisent) de son enfance situées à la Nouvelle-Orléans. Ou tout simplement un quartier ou une ville d’origine. Lil Wayne semble par exemple très attaché à la Nouvelle-Orléans puisqu’il possède d’autres tatouages en référence à la ville : une fleur de lys (le symbole) sur le côté droit du visage ; le nombre 17, sur le côté gauche du visage et sur l’abdomen, qui représente le 17ème arrondissement (17th ward) de la Nouvelle-Orléans : son quartier d’enfance ; ou encore « 504 » sur son bras droit, qui est l’indicatif téléphonique local (area code) de la ville.

Drake, qui vient de Toronto (Canada), a également choisi de se faire tatouer l’indicatif régional de sa ville, le 416, sur le flanc droit. Mais aussi la CN Tower de Toronto sur son triceps gauche : une sorte d’antenne-relais aussi symbolique que la tour Eiffel ; ainsi qu’une rose des vents, sur le biceps gauche, avec la lettre E qui signifie East Side : la côte Est de Toronto, son quartier d’origine. The Game s’est fait tatouer sur l’abdomen « Compton », le nom de sa ville d’origine (comté de Los Angeles), ainsi que l’inscription « LA », sur le côté droit du visage, en référence à Los Angeles. Wiz Khalifa s’est fait marquer le nombre 412 sur la poitrine, qui correspond à l’indicatif régional de Pittsburgh, en Pennsylvanie, la ville de son enfance. Côté français, Sinik s’est fait tatouer sur le biceps gauche « Hautes Bergères », son quartier d’enfance situé dans la ville des Ulis, en Essonne. Seth Gueko a, lui, choisi un tatouage portant les inscriptions « SOA » en hommage à sa ville d’origine : Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

Il existe autant de sentiments d’appartenance à un territoire que de rappeurs. Mais en dehors du quartier ou de la ville d’origine, le département revêt toute son importance chez les Français. Sinik s’est fait tatouer « 91 » sur la main droite, en référence à l’Essonne. Nessbeal a choisi de se faire marquer « 94 » sur l’avant-bras gauche pour le Val-de-Marne, Booba s’est fait tatouer « 92 » sur le deltoïde gauche pour les Hauts-de-Seine, Seth Gueko a choisi d’inscrire un « 9 » et un « 5 » sur chaque pouce, ce qui donne le département du Val-d’Oise. Quant à Joey Starr, il a choisi de se faire tatouer sur le dos « 93 NTM » en référence à son département d’origine : la Seine-Saint-Denis.

 

Fresque identitaire

« Quand tu regardes mes tatouages tu comprends une bonne partie de ma vie : qui je suis, d’où je viens, ce que j’aime, ce que je représente, et ce dont je suis fier », analyse Sinik, qui s’est fait tatouer avant tout pour la symbolique. Sur son avant-bras droit par exemple : « Inès 3 mars 2009 », le prénom et la date de naissance de sa fille. Au-delà du côté esthétique, ou de l’image bad boy qu’il renvoie, le tatouage du rappeur symbolise une étape marquante de sa vie. Son corps devenant une véritable fresque identitaire.

« Depuis le processus de redéfinition du tatouage comme une forme d’expression individuelle de soi, se tatouer relève aussi bien d’une démarche personnelle (marqueur d’un passage de vie, qu’il s’agisse d’un souvenir heureux ou de la perte d’un être cher) qu’artistique (tatouage customisé, qualité graphique et technique), détaille la sociologue, Valérie Rolle. Cela signale l’existence d’une nouvelle norme autour de la pratique, à laquelle les rappeurs n’échappent pas. Tant que le tatouage exprime une histoire de vie et répond à certaines conventions esthétiques, il reste acceptable même si c’est toujours son aura rebelle qui motive les enthousiastes.»

Comme un second support pour ancrer ses paroles, le corps du rappeur tatoué en dévoile autant que ses textes. « Ça permet d’exprimer ses idées sans forcément les gueuler à voix haute, c’est revendicatif, souligne Sinik. C’est un peu comme mes chansons. Il y a des thèmes que je voulais absolument développer pour marquer le coup. Les tatouages c’est pareil, tu choisis un thème de ta vie et tu le graves quelque part.»

Une convention sur le tatouage et le rap ? Ce n’est pas encore l’un des thèmes de la vie de Sinik, mais il rêverait d’en créer une en France. « Il existe une culture hip hop qui ne sent pas forcément représentée par l’univers rock, qui était là bien avant nous, estime le rappeur. C’est à nous de se faire une place, peut-être en organisant nous-mêmes des événements avec des Dj et une ambiance hip hop. » Le rendez-vous est pris. – Nadia B.





LANCEMENT DE L’AFTERWORK SNEAKERS PARIS

29 11 2016

Comment la basket est-elle devenue une source d’inspiration pour les artistes ? Pour la première édition de son afterwork « Apéro Sneakers Paris », l’association Son of Sneakers propose de rassembler ce jeudi 1er décembre, les acteurs de la culture sneakers autour du thème : « Les baskets dans les arts graphiques ». L’occasion pour les professionnels, les acheteurs occasionnels, les fashionistas, ou encore les passionnés de baskets, de participer à une conférence-débat, des expositions et des animations. L’événement aura lieu au Café Etienne Marcel (75002 Paris) à partir de 19h. Un seul mot d’ordre : venez avec vos baskets! – N.B.

Plus d’infos :
http://sonofsneakers.fr/





FROM HOOD TO HOLLYWOOD : UNE ÉTOILE POUR ICE CUBE

17 07 2016

Selon le magasine américain HipHopDX, Ice Cube aura droit à son étoile sur le parterre d’Hollywood, le Walk of Fame, courant 2017. Une reconnaissance internationale acquise grâce à ses succès, autant dans le monde de la musique que celui du cinéma.

Ice Cube, de son vrai nom O’shea Jackson Sr. est devenu en plusieurs années l’un des piliers les plus importants du rap west coast. Le film NWA Straight Outta Compton, sorti l’année dernière, nous retraçait la biographie de ce dernier et également de ses acolytes : MC Ren, DJ Yella, Eazy-E et Dr. Dre. À l’époque déjà, Cube avait écrit plusieurs couplets pour le premier album de NWA et faisait preuves de beaucoup de talent et de détermination. Son morceau Fuck Tha Police avait par ailleurs créé une polémique immense aux États-Unis lors de sa sortie, polémique si grande que le FBI en personne avait envoyé une lettre de menace au groupe. À cause d’un désaccord de contrat, Ice Cube fut le premier à quitter le groupe et sortir son premier album solo Amerikkka’s Most Wanted (1990), aujourd’hui certifié disque de platine. De là, la machine Cube ne s’arrête plus et sort les albums Death Certificate (1991), The Predator (1992) et encore 7 autres projets. Son dernier album I Am The West est sorti en 2010.

La carrière d’Ice Cube nous a montré que même pour un jeune afro-américain des rues de Compton, rien n’est impossible. Autant à l’aise derrière un micro qu’une caméra, il multiplie les apparitions au cinéma. Son premier film en tant qu’acteur est devenu un classique du genre : Boyz N The Hood (1991). Ne se limitant pas au rôle du jeune Noir de quartier, Cube varie les rôles et les films, de Friday à Anaconda, en passant par Triple X, ou encore 21 Jump Street. Avec 34 films à son actif, Ice Cube a également produit 21 longs métrages. La pluralité artistique du rappeur ne laisse aucun doute.  – Aaron.

 





THE WEEKND, GRAND GAGNANT DES BILLBOARD MUSIC AWARDS 2016

24 05 2016

Reparti avec 8 trophées, The Weeknd est sorti grand gagnant de la dernière édition des Billboard Music Awards, qui s’est déroulée dimanche à Las Vegas. Élu meilleur artiste R’n’b de l’année, le chanteur canadien a également rafflé les awards du meilleur album R’n’b avec Beauty behind the madness, de la meilleure chanson R’n’b avec The hills, ou encore du meilleur artiste radio. Drake a, quant à lui, remporté l’award du meilleur artiste Rap, et Meek Mill, celui du meilleur album Rap avec Dreams worth more than money.
Pour le reste, Urban Act’ magazine vous propose ci-dessous une sélection du classement des Billboard Music Award 2016. – N.B.

 

 

Billbaord Music Awards 2016
Meilleur artiste de l’année : Adele
Meilleure artiste féminine : Adele
Meilleur artiste masculin : Justin Bieber
Meilleur nouvel artiste: Fetty Wap
Meilleur artiste Rap : Drake
Meilleur artiste R’n’b : The Weeknd
Top 200 Artist : Adele
Top Hot 100 Artist : The Weeknd
Meilleur album : 25, de Adele
Meilleur album Rap : Dreams worth more than money, Meek Mill
Meilleur album R’n’b : Beauty behind the madness, The Weeknd
Meilleure chanson Rap : See you again, Wiz Khalifa ft. Charlie Puth
Meilleure chanson R’n’B : The hills, The Weeknd
Chart Achievement : Rihanna
Meilleur artiste en termes de ventes : The Weeknd
Meilleur artiste radio : The Weeknd
Meilleur artiste streaming : The Weeknd
Meilleure chanson streaming (audio) : The hills, The Weeknd





RIHANNA DÉVOILE SON ALBUM ‘ANTI’, DISPONIBLE GRATUITEMENT

28 01 2016

Quelques heures après avoir mis en ligne son nouveau single Work en featuring avec Drake, Rihanna a dévoilé aujourd’hui son nouvel album Anti, et à la grande surprise de tous il est gratuit! Au total, la chanteuse propose 13 titres plutôt posés, bien loin des morceaux clubbing comme Pon de replay ou des sons hip hop tels Bitch better have my money.

Pour télécharger l’album, il suffit de se rendre sur ce lien: http://smarturl.it/RihANTI, qui renvoie directement sur Tidal. Certainement un coup de pub pour la plateforme de Jay-Z, qui a du mal à s’imposer. En avril 2015, Tidal recensait en effet 770 000 abonnés, contre 20 millions pour son principal concurrent Spotify. Il sera ensuite nécessaire de renseigner une adresse mail, un nom, un prénom et de préciser que non nous n’êtes pas un robot! Avant de le confirmer en sélectionnant des images selon une thématique. L’album se télécharge en quelques secondes. Il ne reste plus qu’à vous faire votre propre avis sur le projet! En attendant, nous vous rappelons que Rihanna se produira en France au mois de juillet pour 4 dates.N.B.





LE PLEIN DE MIXTAPES POUR NOËL!

26 12 2015

En cette période de Noël, certains artistes, notamment US, n’ont pas hésité à mettre en ligne leur nouveau projet et gratuitement! Et quoi de mieux que la musique pour fêter la fin d’année! Urban Act’ magazine vous propose sa sélection.

Parmi les différentes mixtapes sorties récemment ou spécialement pour Noël, nous en avons retenu quelques unes… Tout d’abord, Wiz Khalifa. Avec sa nouvelle mixtape intitulée Cabin Fever 3 (disponible ici), le rappeur propose un projet de 11 titres sur lesquels on retrouve Juicy J, Kevin Gates, Curren$y, Chevy Woods ou encore Yo Gotti. De son côté, Lil Durk a dévoilé le projet 300 days, 300 nights à découvrir ici, avec notamment Meek Mill et Future! Timbaland fait également son retour avec une mixtape de 17 titres, intitulé King stays king. Le rappeur et producteur en a profité pour rendre une nouvelle fois hommage à la chanteuse de R’n’b Aaliyah, décédée il y a 14 ans déjà, avec le titre Shakin. On retrouve également deux featurings avec Young Thug et 2 Chainz.

 

Juicy J a dévoilé sa mixtape O’S, qui propose 14 titres avec notamment Wiz Khalifa et Ty Dolla Sign. À découvrir ici. Gucci Mane présente son nouveau projet East Atlanta Santa 2, en featuring avec Young Thug, Waka Flocka, ou encore Post Malone. Au total, dix titres, à retrouver ici. Fat Trel a, lui, sorti Muva Russia. Pas moins de 22 titres, pour l’un des derniers rappeurs à avoir intégré le label Maybach Music Group (MMG). Nous vous proposons pour l’occasion d’écouter l’extrait suivant : Woah.

 

50 Cent a dévoilé au début du mois sa mixtape The Kanan tape, qui contient 7 titres. À écouter et télécharger ici. N’oublions pas non plus la dernière mixtape de Lil Wayne, sortie il y a un mois : No Ceilings 2, disponible ici. Un projet de 24 titres sur lequel on retrouve le titre Cross Me en featuring avec Future et Yo Gotti, un morceau plus posé. Lil Wayne a également repris le son de Future, Where ya atFabolous a, lui, sorti la mixtape Summertime Shootout pendant la même période. Il propose 12 titres, dont Real One qui sample le titre de The Fugees, Killing me softly with his song. Nicki Minaj et Trey Songz sont également de la partie, avec le morceau Doin it well. The Weeknd est aussi présent sur le titre Tell ya friends.

 

Côté R’n’b, Chris Brown avait dévoilé sa mixtape Before the party, disponible ici, juste avant la sortie de son nouvel album Royalty. Rihanna et Wiz Khalifa y sont en featuring sur le premier morceau : Counterfeit. Mais on retrouve également sur la mixtape Tyga et French Montana . Enfin, avec sa mixtape To whom it may concernTrey Songz est fidèle à lui même et nous livre un super projet de 12 titres 100 % r’n’b! À vite découvrir ici !  – N.B.