LE QUAI 54 REVIENT LES 8 ET 9 JUILLET AVEC… YOUNG THUG

27 06 2017

Après une annulation de dernière minute l’année dernière, le tournoi de streetball Quai 54 revient les 8 et 9 juillet sur le site de la Pelouse de Reuilly à Paris. Une édition qui promet d’être riche en émotions à en croire le nom du premier invité : Young Thug.

Basketball, concerts de hip hop, show à l’américaine… le Quai 54 est devenu le rendez-vous incontournable des amateurs de basketball et de culture urbaine. Cette année, il aura lieu le week-end du 8 et 9 juillet, après avoir été annulé l’année dernière par la Préfecture de police de Paris (deux jours avant) pour des raisons de sécurité, suite à l’attentat terroriste de Nice. L’accès se fera uniquement par billet contrairement à la plupart des éditions précédentes.

Côté compétition, 16 équipes constituées d’un mélange de professionnels et d’amateurs, venues des quatre coins de la planète, se disputeront le titre de “Quai 54 Streetball World Champions”. Ils tenteront de remettre en jeu le titre de l’équipe Yard-La Relève, vainqueurs de la dernière édition en 2015. Neuf équipes sont d’ores et déjà sélectionnées. Parmi elles, six vétérans du tournoi : Yard-La Relève (France), La Fusion (France), l’équipe la plus titrée du tournoi avec 5 participations et 4 victoires, Hood Mix 2.0 (France), Midnight Madness All-Stars (Royaume-Uni), Der Stamm (Allemagne), et Open Run (Pays-Bas). Ainsi que trois équipes qui feront cette année leur première participation : Nuclear Fusion (Chine), Tshiamo (Belgique) et World Label (Mali). Sept autres équipes viendront rejoindre le tableau à l’issue du tournoi de qualifications qui aura lieu le 7 juillet à la Hoops Factory d’Aubervilliers. Pour s’y inscrire, les équipes doivent être composées de 10 joueurs et d’un coach et envoyer leur candidature à l’adresse mail suivante : teams@quai54.com

Côté animation, on retrouvera le traditionnel Quai 54 Dunk Contest, un concours spectaculaire de dunks. « Cet événement dans l’événement est désormais reconnu comme l’équivalent du championnat du monde de dunks, surpassant de l’avis de tous le concours de dunks de la NBA en termes de créativité, de spectacle et d’énergie », souligne un communiqué de l’organisation. Une pléiade d’artistes se produira par ailleurs durant les deux jours de compétition. À noter d’ores et déjà la venue du rappeur américain Young Thug le 9 juillet au soir. D’autres artistes et des athlètes NBA feront par ailleurs le déplacement. Pour l’instant aucun autre nom n’a été communiqué.

Entre chaque match, on retrouvera également des shows surprise, des battles amateur de danse et de rap, ainsi que des DJ sets hip-hop, R&B et dancehall, le tout animé par le commentateur de basket Duke Tshomba, l’artiste Mokobé et le comédien Thomas N’Gijol. Les places seront disponibles dès le jeudi 29 juin à 10h sur le site du Quai 54. Les plus rapides pourront donc choisir leur emplacement. Comptez entre 25 et 35 euros pour la journée du 8 juillet, et entre 35 et 45 euros pour le 9. Vous l’aurez compris, le Quai 54 compte bien prendre sa revanche sur 2016! – Nadia B.

 

 





JAROD REVIENT EN FORCE AVEC LE CLIP : « PASSE LÀ-BAS #2 »

21 05 2017

Le 6 mai dernier, nous fêtions les 1 an de l’album de Jarod, Caméléon. Le rappeur nous offre cette fois-ci un nouveau clip, celui de Passe là-bas #2.

C’est la suite du premier épisode sorti le 16 avril 2015. Passe là-bas #2 est le nouveau clip de Jarod. Le rappeur fait partie de la catégorie que l’on apprécie beaucoup, celle des kickeurs! Rappelons qu’initialement, un kickeur désigne quelqu’un qui « kicke », c’est-à-dire qui pose un texte de rap. Avec le temps, ce terme a évolué et peut désigner un rappeur capable de rapper son texte à grande vitesse, à l’instar de Sam’s, Sofiane, ou encore Big Flo et Oli.

Avec ses autres titres Termine 2016 et Start 2017, Jarod nous avait déjà mis en garde en proposant un nouveau style. On ne sait pas ce que nous réservent les prochains projets de Jarod, mais une chose est sûre à l’écoute de Passe là-bas #2, on est déjà impatient d’écouter la suite ! – Aaron.

 





KILLASON, LE NOUVEAU PRODIGE DE LA SCÈNE URBAINE

21 04 2017

Son nom ne vous dit peut-être encore rien, mais il est en train de devenir le nouveau prodige de la scène urbaine. À 22 ans, KillASon, de son vrai nom Marcus Dossavi-Gourdot, a déjà une cinquantaine de scènes à son actif, dont le célèbre Olympia, en novembre dernier, en première partie de Jain. Aujourd’hui, il sort son deuxième EP : STW1, avant de partir pour l’Asie, et conquérir le monde.

Sa tête émerge de la terre. Parfois en fourrure rouge au dessus d’un rocher ou d’une voiture, parfois torse nu en train de danser. KillASon s’illustre dans son dernier clip : Wrong. Il rappe, il danse, mais surtout il performe. L’artiste fait de l’energy music comme il aime revendiquer, « une base hip hop forte avec des influences électro et pop », précise-t-il à Urban Act’ magazine. De l’energy music aussi parce qu’ il « donne beaucoup d’énergie en concert, et musicalement il y a beaucoup de variations, de tons, et de styles ».

 

Après seulement 2 ans de carrière, aujourd’hui est une nouvelle étape pour le chanteur. Il sort son nouvel EP : STW 1 (qui signifie Strange The World 1) : cinq titres en version digitale, et un de plus en version physique. Son deuxième projet, après The Rize, sorti en février 2015. « STW1 est beaucoup plus spatial, plus mélodique que The Rize, qui était plus dans la puissance avec des gros beats, explique-t-il. Les thématiques sont plus personnelles, et certains sons sont plus posés, ça amène à voyager.» KillASon nous fait effectivement voyager. Il nous emmène dans son monde. Un monde influencé d’artistes tels qu’Outkast, Lil Wayne, Busta Rhymes, Bob Marley, Police, Michael Jackson, mais aussi Dr Dre, Snoop Dogg, Kendrick Lamar, ou encore Daft Punk, « la french touch », selon lui. Une touche française qu’il n’hésite pas non plus à proclamer dans ses textes exclusivement anglais, en y parsemant quelques mots français.

S’il semble déjà conquérir une partie de la France – on le retrouvera au festival des Eurockéennes en juillet prochain aux côtés de Booba et PNL, mais aussi aux Vieilles Charrues (M.I.A, Macklemore et Ryan Lewis, Dj Snake, etc. ) –, KillASon va prochainement partir en Chine, en Corée du Sud et au Vietnam. Deux semaines « d’aventure » grâce au dispositif French Miracle Tour, qui promeut des artistes francophones en Asie. « Il y a énormément de potentiel en Asie parce qu’il n’y a pas autant d’artistes qu’en Europe, se réjouit-il. Il y a vraiment une place à prendre en tant qu’artiste étranger, notamment en Chine. » Par la suite, le rappeur parcourra la France avec ses propres dates, et pense déjà à sortir un prochain EP en automne. Quant à la réalisation d’un album, ce ne sera pas de suite. « On verra si je sors un album dans 2 ans ou pas, en fonction des retours, et comme je suis aussi à la fac », ajoute-t-il.

 

La musique dans le sang

Avec une mère et un père danseurs-chorégraphes, et un beau-père musicien, le rappeur a toujours baigné dans le milieu artistique. Il a pris des cours de batterie pendant 7 ans, puis s’est initié à l’âge de 17 ans à la MAO, musique assistée par ordinateur, grâce à son beau-père, qui continue à le former. Aujourd’hui, KillASon compose lui-même ses morceaux et écrit ses textes. « La musique m’a toujours procuré des choses que ce soit d’un point de vue émotionnel ou corporel, je me suis donc rapidement mis à danser et à chanter », explique-t-il. Car oui, le chanteur est aussi un danseur de hip hop confirmé. Quand il en a l’occasion, il continue à participer à des battles. Le reste du temps, il crée des chorégraphies sur ses propres sons.

À 20 ans, il joue son premier « vrai » concert à la Smac (Scènes de musiques actuelles) de Poitiers, la ville où il a grandi. De là, tout s’enchaîne. Il se fait remarquer, remporte des concours, et accumule les prestations. Il faut dire que KillASon sur scène c’est quelque chose ! Le rappeur sait comment occuper l’espace et le temps. Il danse, gesticule, et enchaîne lui-même les morceaux. Résultat? Le public est rapidement conquis. Il l’a notamment prouvé l’été dernier au festival Rock en Seine. « Les gens apprécient énormément le live, les retours sont très positifs », souligne-t-il.

 

Son propre produit marketing

«  Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai créé quelque chose mais j’essaie d’innover d’un point de vue marketing et communication », souligne le jeune rappeur. Étudiant en master de Marketing à l’université Paris-Dauphine, KillASon met à profit ses cours pour façonner son image. Il est son propre produit marketing. « Mes études m’aident dans ce que je fais actuellement. En tant qu’artiste, tu as énormément de marketing et de communication de l’image, j’applique moi-même des notions, des modèles, et des théories », poursuit-il. Acharné et optimiste, KillASon compte poursuivre ses études quoi qu’il arrive. « Je terminerai mes études, ça n’entravera pas mon évolution artistique, je vais y arriver, se persuade-t-il. J’ai toujours été déterminé dans ce que je voulais faire, et plus ça va, plus ça me confirme que j’ai eu raison de suivre ce chemin ».

Une énergie, une force mentale, mais aussi un avant-gardisme qui le propulsent aux rangs d’artistes urbains émergents. Dernièrement, il a réussi à convaincre Yves Saint Laurent Beauté de figurer dans une vidéo promotionnelle. 1 minute 34, vues plus d’un million de fois sur YouTube, qui relatent le portrait de l’artiste. Les cinémas MK2, eux, diffusent depuis peu le teaser de son clip Wrong pendant les pubsSi après ça, vous n’êtes toujours pas allés écouter ou voir KillASon, vous aurez sûrement tort… – Nadia B.

 

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TATOUAGE ET RAPPEURS

7 04 2017

Du 3 au 5 mars, la Grande halle de la Villette (Paris) a accueilli la nouvelle édition du Mondial du tatouage. 30 000 visiteurs ont découvert le travail des plus grands tatoueurs, des expos, mais aussi des concerts, exclusivement rock et électro. Pourtant, s’il y a bien un style musical qui aime se prendre au jeu des aiguilles, c’est le rap. Revendicatif, identitaire, ou inspiré des gangs, le tatouage des rappeurs nous en révèle plus qu’on ne le pense.

« Thug Life » sur le torse de 2Pac, des larmes au coin de l’œil de Lil Wayne, un crâne sur la main de Seth Gueko, les tatouages font partie de la panoplie des rappeurs. Ils trouvent leur inspiration dans leur propre histoire, leur identité, mais révèlent des similitudes entre eux. Des similitudes qui les différencient des autres courants musicaux. « Dans l’univers du rap et du hip hop, c’est totalement différent. Je le vois au niveau des typographies, à l’époque du rock c’était très gothique. Aujourd’hui on est dans un lettrage beaucoup plus marqué de l’univers du graff, et des tags », explique à Urban Act’ magazine, le rappeur français Sinik, qui a récemment ouvert son propre salon de tatouage à Paris : Watch My Tattoo. Si l’encre et le rap ont mis du temps à avoir des atomes crochus en France, ce n’est pas le cas aux États-Unis.

 

Une culture américaine…

« Il y a de plus en plus de rappeurs français qui se font tatouer, mais il y en a peu qui le sont beaucoup. Les premiers qui me viennent à l’esprit sont Booba et Seth Gueko », constate Sinik. Contrairement aux rappeurs européens, les Américains sont plus nombreux à être tatoués. Les plus connus : Wiz Khalifa, Lil Wayne, 2Pac, Eminem, Soulja Boy, Kid Ink, Kevin Gates, Rick Ross, The Game, Waka Flocka, ou encore Tyga. Tous sont recouverts d’encre, certains ne laissant entrevoir que quelques morceaux de peau. D’autres vont jusqu’à superposer les dessins, ou utiliser le moindre espace pour en rajouter. « Dans le rap américain, le tatouage est plus courant. C’est dans leur culture, affirme Sinik. Leur niveau de tatouage fait partie des meilleurs du monde. Sur le câble, on voit toute sorte d’émission spécialisée, comme Miami Ink. Leurs artistes, leur mode de vie, leurs joueurs de basket ont également contribué à cette culture, c’est pour ça qu’aujourd’hui les Américains ont un temps d’avance sur nous. »

Selon Valérie Rolle, sociologue et auteure de l’ouvrage L’art de tatouer, le processus de redéfinition et de réhabilitation de la pratique du tatouage est parti de la côte Est des États-Unis dans les années 1980. « L’arrivée de diplômés d’écoles d’art dans la pratique, le développement d’espaces de rencontre, comme les conventions internationales de tatouage, la diffusion de nouvelles pratiques (sanitaires, iconographiques) et de nouveaux discours sur le tatouage comme forme d’expression de soi, dont la circulation via les magazines de tatouage, ont notamment contribué à la recomposition sociale de la pratique », précise-t-elle à Urban Act’ magazine. Loin d’être cantonné au continent américain, le processus s’est par la suite alimenté d’échanges entre tatoueurs s’organisant à une échelle internationale, dont certains sont localisés en Suisse, aux Pays-Bas ou en France, poursuit la sociologue.

L’univers des gangs américains a néanmoins fortement inspiré les tatouages des rappeurs. En dehors du lettrage, qui est tout simplement l’action de marquer avec des lettres, certains symboles sont récurrents dans le milieu du rap.

 

…inspirée des gangs

Dans un article publié sur le site américain Hot New Hip Hop, une journaliste détaille la signification des tatouages les plus courants chez les rappeurs en lien avec les gangs. Les crânes ou têtes de mort, par exemple, symboliseraient chez les gangters, un membre haut placé, mais il peut être représentatif, d’une façon plus morbide, d’un assassinat ou d’un acte criminel. Les rappeurs qui portent des crânes n’ont pas forcément commis un meurtre, mais le symbole pourrait renvoyer à une image négative, mortuaire, ou à une période sombre de leur vie. Waka Flocka, qui a recouvert son torse de tatouages, avec des têtes de mort notamment, avait confié au magazine Complex : « Il y a tout un tas de douleurs sur ma poitrine. Quand une personne la voit, elle peut ressentir ma douleur ». 2Pac s’était, lui, fait tatouer un crâne sur le biceps droit, surmonté de l’inscription « heartless », qui signifie cruel. En dessous, on peut y lire : « My only fear of death is coming back reincarnated », soit « Ma seule peur de la mort c’est la réincarnation ». Dans le rap français, Seth Gueko est notamment connu pour son bas du crâne tatoué sur la main gauche. « J’aime beaucoup la tête de mort, c’est en plein dans l’univers des tatouages. Je suis un loubard des temps modernes. Et la tête de mort se poursuit depuis les groupes de rock, comme Iron Maiden par exemple, a-t-il expliqué au site web Konbini. J’ai toujours aimé les films d’horreur, les squelettes, les Contes de la Crypte aussi. C’était une manière de se faire une tête de mort, discrète, pouvoir la poser sur le visage pour dire “trop parler peut tuer”, c’est une belle illustration de cette phrase-là. »

À l’instar de Lil Wayne, The Game, Birdman, Kevin Gates, Nessbeal, ou Seth Gueko – qui a fait une variante -, certains rappeurs exhibent une larme au coin de l’œil. Symbole par excellence du gangster, la larme peut signifier qu’il a commis un meurtre – le nombre de larmes représentant le nombre de victimes -, qu’il a perdu un membre de son entourage, ou qu’il a été emprisonné. « Tout le monde se fait tatouer une larme sous l’œil, la larme à l’œil, mais moi j’ai l’arme à l’œil avec un flingue sous la paupière », a déclaré Seth Gueko à Konbini.

D’autres ont opté pour des ailes d’ange. Selon Hot New Hip Hop, « dans la culture traditionnelle des gangs, elles signifient la “sublimité”. Elles peuvent aussi faire référence à l’ange Gabriel, qui est connu dans la religion pour être un messager de Dieu. En fin de compte, si un gangster possède ce tatouage, il montre qu’il n’a pas peur de la mort ». Wiz Khalifa, Lil Wayne, Chris Brown, ou encore Lil Romeo en arborent.

Il n’est pas rare de voir d’autres symboles de gangsters sur le corps des rappeurs, comme les armes, les couronnes, les croix, ou d’autres dessins relatifs à la religion. « Comme les rockers et les adeptes des musiques électroniques, les rappeurs se sont appropriés le tatouage pour sa valeur anti-conventionnelle. Cependant, l’iconographie privilégiée au sein de ces diverses musiques est différente. Dans le rap, c’est surtout le lettrage et les icônes religieuses, originellement inspirés des gangs latino-américains, qui prédominent, explique la sociologue, Valérie Rolle. Dans le rock, cela a plutôt été des symboles qui jouent avec les tabous de nos sociétés occidentales (la mort, le malin), alors que dans la techno, le tribal a davantage été préféré. Les motifs de tatouage choisis, pour individuels qu’ils soient, renvoient ainsi toujours à l’appartenance de groupes sociaux, qui revendiquent eux-mêmes des filiations faisant partie du récit identitaire que le groupe s’est construit. » S’il est inspiré par l’univers des gangs, le rappeur n’en reste pas moins un musicien.

 

La musique dans la peau

« Mon premier tatouage, je devais avoir 22 ans. Je l’ai fait à New York, à Brooklyn. C’est un gorille que j’ai là (épaule droite) avec écrit B2Zoo », a répondu Booba dans une interview accordée à Canal Street, en 2011. Pseudonyme, nom d’album, groupe, ou même label, l’un des premiers tatouages du rappeur fait référence à la musique. Il se fait graver son identité artistique pour ne former qu’un avec son identité personnelle. Sinik, par exemple, s’est fait tatouer son pseudo sur la main gauche, tandis que Rick Ross et Seth Gueko ont choisi les phalanges. « Y a toujours ce problème de la recherche de la symétrie pour les tatouages. Et Seth sur une main a plus tard emmené Guex sur l’autre, a indiqué le rappeur français à Konbini. J’aime aussi beaucoup le groupe Mobb Deep, qui m’a vachement inspiré, et ils avaient fait aussi “Mobb Deep” sur les doigts. J’avais envie de faire le mien, personne l’avait fait dans le rap français. »

The Game a préféré le cou pour apposer son blaze, tandis que d’autres ont choisi des zones moins visibles, du moins, une fois habillés. C’est le cas de 2Pac avec son pseudonyme sur le pectoral gauche ; de Wiz Khalifa, qui a marqué « Khalifa » sur le haut de son dos, mais aussi « Wiz Khalifa » sur le biceps droit ; d’Asap Rocky qui s’est fait tatouer « Asap » sur la partie droite de ses abdos ; de Waka Flocka qui a fait graver Waka Flocka Flame sur ses abdos, tout comme Soulja Boy qui a choisi la même zone pour son pseudo.

Si l’on connait un rappeur c’est aussi, et surtout, pour ses titres. Les litres d’encre qu’il utilise pour écrire des textes, et le temps qu’il passe à concrétiser un projet, font partie des étapes marquantes de sa carrière. Certains n’hésitent pas à immortaliser l’intitulé de leurs plus grands titres ou de leurs albums sur le corps. The Game s’est fait tatouer « Hate it or love it » sur le haut de la poitrine, un titre qu’il a interprété avec 50 Cent. Rappelons que le morceau a connu un tel succès, qu’il a reçu en 2006 le Grammy Award de la meilleure chanson rap. Le rappeur français Nessbeal a fait graver « BECT » sur le bras gauche, en référence à l’un de ses titres, mais aussi un crâne portant une couronne, sur sa main droite, accompagné du sigle « R.S.C » en référence à son album Roi Sans Couronne. On peut également évoquer Booba et Seth Gueko qui ont quasiment un tatouage pour chacun de leur album. Booba arbore ainsi un « 0.9 » sur les abdos, un lion ailé sur le coude en référence à la pochette de Nero Nemesis, ou un « OS » sur le cou pour Ouest Side. Sur les épaules de Seth Gueko, on peut lire un « Professeur punchline », sur le haut de sa poitrine un « Drive by en caravane », ou encore sur son dos un « Bad Cowboy ».

Pour d’autres encore, musique rime avec groupe ou label. Certains rappeurs se sont forgés une identité artistique autour d’autres personnes. Par le tatouage, ils s’affirment en tant qu’entité. Joey Starr a par exemple gravé « NTM » sur l’arrière de son crâne, le nom du célèbre duo qu’il a formé avec Kool Shen, et avec lequel il a lancé sa carrière. Eminem a choisi de se faire tatouer sur chacun de ses bras, « D » et « 12 », en référence au groupe D12, qu’il a fondé en 1996. 50 Cent arbore, lui, un « G-Unit » sur le bas du dos. Côté label, Booba s’est fait tatouer « 45 » sur le cou, en hommage au label indépendant 45 Scientific, qu’il a fondé en 1999 avec le rappeur Ali.

#45

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On peut également évoquer Lil Wayne et son tatouage « Cash Money » sur le ventre : le nom du label de Birdman pour lequel il a travaillé. Mais aussi « YM » sur son cou : le logo de son propre label Young Money, qui n’est autre que la filiale de Cash Money. Le rappeur new-yorkais Diddy a inscrit « Bad Boy » sur son biceps droit, en référence au label qu’il a créé en 1993, et qui regroupait Notorious B.I.G. entre autres. Le rappeur français Nessbeal s’est, lui, fait tatouer « Verbal » et « Brolik » sur chacun de ses bras, en hommage au label qu’il a créé.

 

Appartenance territoriale

Qu’il représente un quartier, une ville ou un département, le territoire d’appartenance est sur tous les corps des rappeurs. Bien souvent lié à son enfance ou à ses origines, il peut être une simple rue, à l’instar de Lil Wayne qui s’est fait tatouer « Apple » et « Eagle » sur le ventre, le nom des deux rues (qui se croisent) de son enfance situées à la Nouvelle-Orléans. Ou tout simplement un quartier ou une ville d’origine. Lil Wayne semble par exemple très attaché à la Nouvelle-Orléans puisqu’il possède d’autres tatouages en référence à la ville : une fleur de lys (le symbole) sur le côté droit du visage ; le nombre 17, sur le côté gauche du visage et sur l’abdomen, qui représente le 17ème arrondissement (17th ward) de la Nouvelle-Orléans : son quartier d’enfance ; ou encore « 504 » sur son bras droit, qui est l’indicatif téléphonique local (area code) de la ville.

Drake, qui vient de Toronto (Canada), a également choisi de se faire tatouer l’indicatif régional de sa ville, le 416, sur le flanc droit. Mais aussi la CN Tower de Toronto sur son triceps gauche : une sorte d’antenne-relais aussi symbolique que la tour Eiffel ; ainsi qu’une rose des vents, sur le biceps gauche, avec la lettre E qui signifie East Side : la côte Est de Toronto, son quartier d’origine. The Game s’est fait tatouer sur l’abdomen « Compton », le nom de sa ville d’origine (comté de Los Angeles), ainsi que l’inscription « LA », sur le côté droit du visage, en référence à Los Angeles. Wiz Khalifa s’est fait marquer le nombre 412 sur la poitrine, qui correspond à l’indicatif régional de Pittsburgh, en Pennsylvanie, la ville de son enfance. Côté français, Sinik s’est fait tatouer sur le biceps gauche « Hautes Bergères », son quartier d’enfance situé dans la ville des Ulis, en Essonne. Seth Gueko a, lui, choisi un tatouage portant les inscriptions « SOA » en hommage à sa ville d’origine : Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

Il existe autant de sentiments d’appartenance à un territoire que de rappeurs. Mais en dehors du quartier ou de la ville d’origine, le département revêt toute son importance chez les Français. Sinik s’est fait tatouer « 91 » sur la main droite, en référence à l’Essonne. Nessbeal a choisi de se faire marquer « 94 » sur l’avant-bras gauche pour le Val-de-Marne, Booba s’est fait tatouer « 92 » sur le deltoïde gauche pour les Hauts-de-Seine, Seth Gueko a choisi d’inscrire un « 9 » et un « 5 » sur chaque pouce, ce qui donne le département du Val-d’Oise. Quant à Joey Starr, il a choisi de se faire tatouer sur le dos « 93 NTM » en référence à son département d’origine : la Seine-Saint-Denis.

 

Fresque identitaire

« Quand tu regardes mes tatouages tu comprends une bonne partie de ma vie : qui je suis, d’où je viens, ce que j’aime, ce que je représente, et ce dont je suis fier », analyse Sinik, qui s’est fait tatouer avant tout pour la symbolique. Sur son avant-bras droit par exemple : « Inès 3 mars 2009 », le prénom et la date de naissance de sa fille. Au-delà du côté esthétique, ou de l’image bad boy qu’il renvoie, le tatouage du rappeur symbolise une étape marquante de sa vie. Son corps devenant une véritable fresque identitaire.

« Depuis le processus de redéfinition du tatouage comme une forme d’expression individuelle de soi, se tatouer relève aussi bien d’une démarche personnelle (marqueur d’un passage de vie, qu’il s’agisse d’un souvenir heureux ou de la perte d’un être cher) qu’artistique (tatouage customisé, qualité graphique et technique), détaille la sociologue, Valérie Rolle. Cela signale l’existence d’une nouvelle norme autour de la pratique, à laquelle les rappeurs n’échappent pas. Tant que le tatouage exprime une histoire de vie et répond à certaines conventions esthétiques, il reste acceptable même si c’est toujours son aura rebelle qui motive les enthousiastes.»

Comme un second support pour ancrer ses paroles, le corps du rappeur tatoué en dévoile autant que ses textes. « Ça permet d’exprimer ses idées sans forcément les gueuler à voix haute, c’est revendicatif, souligne Sinik. C’est un peu comme mes chansons. Il y a des thèmes que je voulais absolument développer pour marquer le coup. Les tatouages c’est pareil, tu choisis un thème de ta vie et tu le graves quelque part.»

Une convention sur le tatouage et le rap ? Ce n’est pas encore l’un des thèmes de la vie de Sinik, mais il rêverait d’en créer une en France. « Il existe une culture hip hop qui ne sent pas forcément représentée par l’univers rock, qui était là bien avant nous, estime le rappeur. C’est à nous de se faire une place, peut-être en organisant nous-mêmes des événements avec des Dj et une ambiance hip hop. » Le rendez-vous est pris. – Nadia B.





LE NOUVEAU CLIP DE KENDRICK LAMAR : « HUMBLE »

1 04 2017

Kendrick Lamar a surpris tout le monde en dévoilant jeudi un nouveau clip, intitulé Humble. Rappant en tenue de pape, parfois même avec des flammes qui jaillissent des cheveux, le chanteur californien a une nouvelle fois livré une prestation artistique. La vidéo comptabilise déjà 14 millions de vues sur YouTube, et devrait être extrait d’un prochain album. La semaine dernière, le rappeur avait en effet posté une image sur Instagram (avant de la supprimer) : un chiffre romain quatre en blanc, sur fond noir. Pour la plupart des médias, il s’agirait de la pochette de son futur et quatrième album, qui s’intitulerait IV, et dont la sortie pourrait être le 7 avril. En attendant d’avoir plus de détails, vous pouvez également découvrir My Heart Part IV, un autre extrait de Kendrick, sorti le 23 mars. – Nadia B.

 





LE NOUVEAU SINGLE DE DJ KHALED AVEC BEYONCÉ ET JAY Z : « SHINING »

17 02 2017

Habitué à réunir les plus grandes stars du hip hop et du r’n’b, Dj Khaled vient de dévoiler un tout nouveau morceau, intitulé Shining, avec Beyoncé et Jay Z. Le DJ hip hop le plus en vogue du moment ne se refuse en effet rien pour son nouveau projet : Grateful, qui devrait prochainement débarquer. Espérons qu’il est le même succès que Major Key, son 9e album, qui lui a enfin permis de se hisser (en août 2016) à la première place du Billboard Top 200, un classement hebdomadaire où figurent les 200 meilleures ventes d’albums aux États-Unis. Parmi les titres de Major Key, on se souvient notamment de For Free, en featuring avec Drake, de I Got The Keys, avec Jay Z et Future, ou encore de Work For It , featuring Big Sean, Gucci Mane et 2 Chainz. – N.B.

 

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WAKA FLOCKA EN SHOWCASE À PARIS

1 02 2017

Soirée hip hop US en perspective! Le rappeur américain Waka Flocka se produira en showcase à Paris ce vendredi 3 février en compagnie notamment de DJ Whoo Kid, le Dj new-yorkais du groupe G-Unit. La soirée est organisée par le label Tealer Records, qui possède également une ligne de vêtements streetwear.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Urban Act’ magazine vous propose de remporter 2 places pour une personne en jouant sur notre page Facebook! (Jeu-concours valable jusqu’au jeudi 2 février 23h59).

 

Plus d’infos :
Tealer Waka Flocka Party
Vendredi 3 février, de 23h30 à 6h
au Showcase Paris, Pont Alexandre III, Berges Rive Droite 75008 Paris
tarif à partir de 20€, réservation en ligne disponible ici.