TATOUAGE ET RAPPEURS

7 04 2017

Du 3 au 5 mars, la Grande halle de la Villette (Paris) a accueilli la nouvelle édition du Mondial du tatouage. 30 000 visiteurs ont découvert le travail des plus grands tatoueurs, des expos, mais aussi des concerts, exclusivement rock et électro. Pourtant, s’il y a bien un style musical qui aime se prendre au jeu des aiguilles, c’est le rap. Revendicatif, identitaire, ou inspiré des gangs, le tatouage des rappeurs nous en révèle plus qu’on ne le pense.

« Thug Life » sur le torse de 2Pac, des larmes au coin de l’œil de Lil Wayne, un crâne sur la main de Seth Gueko, les tatouages font partie de la panoplie des rappeurs. Ils trouvent leur inspiration dans leur propre histoire, leur identité, mais révèlent des similitudes entre eux. Des similitudes qui les différencient des autres courants musicaux. « Dans l’univers du rap et du hip hop, c’est totalement différent. Je le vois au niveau des typographies, à l’époque du rock c’était très gothique. Aujourd’hui on est dans un lettrage beaucoup plus marqué de l’univers du graff, et des tags », explique à Urban Act’ magazine, le rappeur français Sinik, qui a récemment ouvert son propre salon de tatouage à Paris : Watch My Tattoo. Si l’encre et le rap ont mis du temps à avoir des atomes crochus en France, ce n’est pas le cas aux États-Unis.

 

Une culture américaine…

« Il y a de plus en plus de rappeurs français qui se font tatouer, mais il y en a peu qui le sont beaucoup. Les premiers qui me viennent à l’esprit sont Booba et Seth Gueko », constate Sinik. Contrairement aux rappeurs européens, les Américains sont plus nombreux à être tatoués. Les plus connus : Wiz Khalifa, Lil Wayne, 2Pac, Eminem, Soulja Boy, Kid Ink, Kevin Gates, Rick Ross, The Game, Waka Flocka, ou encore Tyga. Tous sont recouverts d’encre, certains ne laissant entrevoir que quelques morceaux de peau. D’autres vont jusqu’à superposer les dessins, ou utiliser le moindre espace pour en rajouter. « Dans le rap américain, le tatouage est plus courant. C’est dans leur culture, affirme Sinik. Leur niveau de tatouage fait partie des meilleurs du monde. Sur le câble, on voit toute sorte d’émission spécialisée, comme Miami Ink. Leurs artistes, leur mode de vie, leurs joueurs de basket ont également contribué à cette culture, c’est pour ça qu’aujourd’hui les Américains ont un temps d’avance sur nous. »

Selon Valérie Rolle, sociologue et auteure de l’ouvrage L’art de tatouer, le processus de redéfinition et de réhabilitation de la pratique du tatouage est parti de la côte Est des États-Unis dans les années 1980. « L’arrivée de diplômés d’écoles d’art dans la pratique, le développement d’espaces de rencontre, comme les conventions internationales de tatouage, la diffusion de nouvelles pratiques (sanitaires, iconographiques) et de nouveaux discours sur le tatouage comme forme d’expression de soi, dont la circulation via les magazines de tatouage, ont notamment contribué à la recomposition sociale de la pratique », précise-t-elle à Urban Act’ magazine. Loin d’être cantonné au continent américain, le processus s’est par la suite alimenté d’échanges entre tatoueurs s’organisant à une échelle internationale, dont certains sont localisés en Suisse, aux Pays-Bas ou en France, poursuit la sociologue.

L’univers des gangs américains a néanmoins fortement inspiré les tatouages des rappeurs. En dehors du lettrage, qui est tout simplement l’action de marquer avec des lettres, certains symboles sont récurrents dans le milieu du rap.

 

…inspirée des gangs

Dans un article publié sur le site américain Hot New Hip Hop, une journaliste détaille la signification des tatouages les plus courants chez les rappeurs en lien avec les gangs. Les crânes ou têtes de mort, par exemple, symboliseraient chez les gangters, un membre haut placé, mais il peut être représentatif, d’une façon plus morbide, d’un assassinat ou d’un acte criminel. Les rappeurs qui portent des crânes n’ont pas forcément commis un meurtre, mais le symbole pourrait renvoyer à une image négative, mortuaire, ou à une période sombre de leur vie. Waka Flocka, qui a recouvert son torse de tatouages, avec des têtes de mort notamment, avait confié au magazine Complex : « Il y a tout un tas de douleurs sur ma poitrine. Quand une personne la voit, elle peut ressentir ma douleur ». 2Pac s’était, lui, fait tatouer un crâne sur le biceps droit, surmonté de l’inscription « heartless », qui signifie cruel. En dessous, on peut y lire : « My only fear of death is coming back reincarnated », soit « Ma seule peur de la mort c’est la réincarnation ». Dans le rap français, Seth Gueko est notamment connu pour son bas du crâne tatoué sur la main gauche. « J’aime beaucoup la tête de mort, c’est en plein dans l’univers des tatouages. Je suis un loubard des temps modernes. Et la tête de mort se poursuit depuis les groupes de rock, comme Iron Maiden par exemple, a-t-il expliqué au site web Konbini. J’ai toujours aimé les films d’horreur, les squelettes, les Contes de la Crypte aussi. C’était une manière de se faire une tête de mort, discrète, pouvoir la poser sur le visage pour dire “trop parler peut tuer”, c’est une belle illustration de cette phrase-là. »

À l’instar de Lil Wayne, The Game, Birdman, Kevin Gates, Nessbeal, ou Seth Gueko – qui a fait une variante -, certains rappeurs exhibent une larme au coin de l’œil. Symbole par excellence du gangster, la larme peut signifier qu’il a commis un meurtre – le nombre de larmes représentant le nombre de victimes -, qu’il a perdu un membre de son entourage, ou qu’il a été emprisonné. « Tout le monde se fait tatouer une larme sous l’œil, la larme à l’œil, mais moi j’ai l’arme à l’œil avec un flingue sous la paupière », a déclaré Seth Gueko à Konbini.

D’autres ont opté pour des ailes d’ange. Selon Hot New Hip Hop, « dans la culture traditionnelle des gangs, elles signifient la “sublimité”. Elles peuvent aussi faire référence à l’ange Gabriel, qui est connu dans la religion pour être un messager de Dieu. En fin de compte, si un gangster possède ce tatouage, il montre qu’il n’a pas peur de la mort ». Wiz Khalifa, Lil Wayne, Chris Brown, ou encore Lil Romeo en arborent.

Il n’est pas rare de voir d’autres symboles de gangsters sur le corps des rappeurs, comme les armes, les couronnes, les croix, ou d’autres dessins relatifs à la religion. « Comme les rockers et les adeptes des musiques électroniques, les rappeurs se sont appropriés le tatouage pour sa valeur anti-conventionnelle. Cependant, l’iconographie privilégiée au sein de ces diverses musiques est différente. Dans le rap, c’est surtout le lettrage et les icônes religieuses, originellement inspirés des gangs latino-américains, qui prédominent, explique la sociologue, Valérie Rolle. Dans le rock, cela a plutôt été des symboles qui jouent avec les tabous de nos sociétés occidentales (la mort, le malin), alors que dans la techno, le tribal a davantage été préféré. Les motifs de tatouage choisis, pour individuels qu’ils soient, renvoient ainsi toujours à l’appartenance de groupes sociaux, qui revendiquent eux-mêmes des filiations faisant partie du récit identitaire que le groupe s’est construit. » S’il est inspiré par l’univers des gangs, le rappeur n’en reste pas moins un musicien.

 

La musique dans la peau

« Mon premier tatouage, je devais avoir 22 ans. Je l’ai fait à New York, à Brooklyn. C’est un gorille que j’ai là (épaule droite) avec écrit B2Zoo », a répondu Booba dans une interview accordée à Canal Street, en 2011. Pseudonyme, nom d’album, groupe, ou même label, l’un des premiers tatouages du rappeur fait référence à la musique. Il se fait graver son identité artistique pour ne former qu’un avec son identité personnelle. Sinik, par exemple, s’est fait tatouer son pseudo sur la main gauche, tandis que Rick Ross et Seth Gueko ont choisi les phalanges. « Y a toujours ce problème de la recherche de la symétrie pour les tatouages. Et Seth sur une main a plus tard emmené Guex sur l’autre, a indiqué le rappeur français à Konbini. J’aime aussi beaucoup le groupe Mobb Deep, qui m’a vachement inspiré, et ils avaient fait aussi “Mobb Deep” sur les doigts. J’avais envie de faire le mien, personne l’avait fait dans le rap français. »

The Game a préféré le cou pour apposer son blaze, tandis que d’autres ont choisi des zones moins visibles, du moins, une fois habillés. C’est le cas de 2Pac avec son pseudonyme sur le pectoral gauche ; de Wiz Khalifa, qui a marqué « Khalifa » sur le haut de son dos, mais aussi « Wiz Khalifa » sur le biceps droit ; d’Asap Rocky qui s’est fait tatouer « Asap » sur la partie droite de ses abdos ; de Waka Flocka qui a fait graver Waka Flocka Flame sur ses abdos, tout comme Soulja Boy qui a choisi la même zone pour son pseudo.

Si l’on connait un rappeur c’est aussi, et surtout, pour ses titres. Les litres d’encre qu’il utilise pour écrire des textes, et le temps qu’il passe à concrétiser un projet, font partie des étapes marquantes de sa carrière. Certains n’hésitent pas à immortaliser l’intitulé de leurs plus grands titres ou de leurs albums sur le corps. The Game s’est fait tatouer « Hate it or love it » sur le haut de la poitrine, un titre qu’il a interprété avec 50 Cent. Rappelons que le morceau a connu un tel succès, qu’il a reçu en 2006 le Grammy Award de la meilleure chanson rap. Le rappeur français Nessbeal a fait graver « BECT » sur le bras gauche, en référence à l’un de ses titres, mais aussi un crâne portant une couronne, sur sa main droite, accompagné du sigle « R.S.C » en référence à son album Roi Sans Couronne. On peut également évoquer Booba et Seth Gueko qui ont quasiment un tatouage pour chacun de leur album. Booba arbore ainsi un « 0.9 » sur les abdos, un lion ailé sur le coude en référence à la pochette de Nero Nemesis, ou un « OS » sur le cou pour Ouest Side. Sur les épaules de Seth Gueko, on peut lire un « Professeur punchline », sur le haut de sa poitrine un « Drive by en caravane », ou encore sur son dos un « Bad Cowboy ».

Pour d’autres encore, musique rime avec groupe ou label. Certains rappeurs se sont forgés une identité artistique autour d’autres personnes. Par le tatouage, ils s’affirment en tant qu’entité. Joey Starr a par exemple gravé « NTM » sur l’arrière de son crâne, le nom du célèbre duo qu’il a formé avec Kool Shen, et avec lequel il a lancé sa carrière. Eminem a choisi de se faire tatouer sur chacun de ses bras, « D » et « 12 », en référence au groupe D12, qu’il a fondé en 1996. 50 Cent arbore, lui, un « G-Unit » sur le bas du dos. Côté label, Booba s’est fait tatouer « 45 » sur le cou, en hommage au label indépendant 45 Scientific, qu’il a fondé en 1999 avec le rappeur Ali.

#45

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On peut également évoquer Lil Wayne et son tatouage « Cash Money » sur le ventre : le nom du label de Birdman pour lequel il a travaillé. Mais aussi « YM » sur son cou : le logo de son propre label Young Money, qui n’est autre que la filiale de Cash Money. Le rappeur new-yorkais Diddy a inscrit « Bad Boy » sur son biceps droit, en référence au label qu’il a créé en 1993, et qui regroupait Notorious B.I.G. entre autres. Le rappeur français Nessbeal s’est, lui, fait tatouer « Verbal » et « Brolik » sur chacun de ses bras, en hommage au label qu’il a créé.

 

Appartenance territoriale

Qu’il représente un quartier, une ville ou un département, le territoire d’appartenance est sur tous les corps des rappeurs. Bien souvent lié à son enfance ou à ses origines, il peut être une simple rue, à l’instar de Lil Wayne qui s’est fait tatouer « Apple » et « Eagle » sur le ventre, le nom des deux rues (qui se croisent) de son enfance situées à la Nouvelle-Orléans. Ou tout simplement un quartier ou une ville d’origine. Lil Wayne semble par exemple très attaché à la Nouvelle-Orléans puisqu’il possède d’autres tatouages en référence à la ville : une fleur de lys (le symbole) sur le côté droit du visage ; le nombre 17, sur le côté gauche du visage et sur l’abdomen, qui représente le 17ème arrondissement (17th ward) de la Nouvelle-Orléans : son quartier d’enfance ; ou encore « 504 » sur son bras droit, qui est l’indicatif téléphonique local (area code) de la ville.

Drake, qui vient de Toronto (Canada), a également choisi de se faire tatouer l’indicatif régional de sa ville, le 416, sur le flanc droit. Mais aussi la CN Tower de Toronto sur son triceps gauche : une sorte d’antenne-relais aussi symbolique que la tour Eiffel ; ainsi qu’une rose des vents, sur le biceps gauche, avec la lettre E qui signifie East Side : la côte Est de Toronto, son quartier d’origine. The Game s’est fait tatouer sur l’abdomen « Compton », le nom de sa ville d’origine (comté de Los Angeles), ainsi que l’inscription « LA », sur le côté droit du visage, en référence à Los Angeles. Wiz Khalifa s’est fait marquer le nombre 412 sur la poitrine, qui correspond à l’indicatif régional de Pittsburgh, en Pennsylvanie, la ville de son enfance. Côté français, Sinik s’est fait tatouer sur le biceps gauche « Hautes Bergères », son quartier d’enfance situé dans la ville des Ulis, en Essonne. Seth Gueko a, lui, choisi un tatouage portant les inscriptions « SOA » en hommage à sa ville d’origine : Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise).

Il existe autant de sentiments d’appartenance à un territoire que de rappeurs. Mais en dehors du quartier ou de la ville d’origine, le département revêt toute son importance chez les Français. Sinik s’est fait tatouer « 91 » sur la main droite, en référence à l’Essonne. Nessbeal a choisi de se faire marquer « 94 » sur l’avant-bras gauche pour le Val-de-Marne, Booba s’est fait tatouer « 92 » sur le deltoïde gauche pour les Hauts-de-Seine, Seth Gueko a choisi d’inscrire un « 9 » et un « 5 » sur chaque pouce, ce qui donne le département du Val-d’Oise. Quant à Joey Starr, il a choisi de se faire tatouer sur le dos « 93 NTM » en référence à son département d’origine : la Seine-Saint-Denis.

 

Fresque identitaire

« Quand tu regardes mes tatouages tu comprends une bonne partie de ma vie : qui je suis, d’où je viens, ce que j’aime, ce que je représente, et ce dont je suis fier », analyse Sinik, qui s’est fait tatouer avant tout pour la symbolique. Sur son avant-bras droit par exemple : « Inès 3 mars 2009 », le prénom et la date de naissance de sa fille. Au-delà du côté esthétique, ou de l’image bad boy qu’il renvoie, le tatouage du rappeur symbolise une étape marquante de sa vie. Son corps devenant une véritable fresque identitaire.

« Depuis le processus de redéfinition du tatouage comme une forme d’expression individuelle de soi, se tatouer relève aussi bien d’une démarche personnelle (marqueur d’un passage de vie, qu’il s’agisse d’un souvenir heureux ou de la perte d’un être cher) qu’artistique (tatouage customisé, qualité graphique et technique), détaille la sociologue, Valérie Rolle. Cela signale l’existence d’une nouvelle norme autour de la pratique, à laquelle les rappeurs n’échappent pas. Tant que le tatouage exprime une histoire de vie et répond à certaines conventions esthétiques, il reste acceptable même si c’est toujours son aura rebelle qui motive les enthousiastes.»

Comme un second support pour ancrer ses paroles, le corps du rappeur tatoué en dévoile autant que ses textes. « Ça permet d’exprimer ses idées sans forcément les gueuler à voix haute, c’est revendicatif, souligne Sinik. C’est un peu comme mes chansons. Il y a des thèmes que je voulais absolument développer pour marquer le coup. Les tatouages c’est pareil, tu choisis un thème de ta vie et tu le graves quelque part.»

Une convention sur le tatouage et le rap ? Ce n’est pas encore l’un des thèmes de la vie de Sinik, mais il rêverait d’en créer une en France. « Il existe une culture hip hop qui ne sent pas forcément représentée par l’univers rock, qui était là bien avant nous, estime le rappeur. C’est à nous de se faire une place, peut-être en organisant nous-mêmes des événements avec des Dj et une ambiance hip hop. » Le rendez-vous est pris. – Nadia B.





TECH N9NE DÉVOILE ‘SPEEDOM (WWC2)’, SON NOUVEAU TITRE FEAT. EMINEM

22 04 2015

16 ans après leur seule collaboration, Tech N9ne invite Eminem sur son album Special Effect pour le titre Speedom (WWC2). Retour sur son parcours.

Tech N9ne. Ce nom ne vous dit peut être rien et pourtant il s’agit d’un des rappeurs les plus connus de la scène undergroud américaine. Après 15 albums, 6 EP et 1 mixtape, Tech N9ne prépare son 16ème opus intitulé Special Effect, prévu pour le 4 mai prochain. Sur sa page Facebook on retrouve souvent des articles à l’aspect d’un sondage « Avec quel artiste aimeriez-vous que je collabore ? ». La plupart ayant déjà tous été faits, il n’en restait plus qu’un… Celui qui peut aisément rivaliser avec Tech en termes de carrière, de créativité et rapidité : Eminem. Les demandes étaient posté en simple commentaires, mais aucun des deux MC’s n’avait dévoilé publiquement une future collaboration, car c’est en secret que les deux rappeurs ont travaillé sur un titre commun : Speedom (WWC2) sur l’album Special Effect. En compagnie de Krizz Kaliko, les 3 rappeurs se livrent alors à une performance exceptionnelle où chacun débite son texte le plus rapidement possible. Après leur seule collaboration sur le morceau The Anthem, il aura donc fallu attendre 16 ans pour réunir à nouveau ces deux légendes.

La rencontre qui a changé sa vie

Originaire de Kansas City dans le Missouri, Aaron Dantez Yates commence sa carrière en 1990 aux côtés d’autre rappeurs de son entourage, l’invitant fréquemment sur des featurings. Influencé par les gangs des Bloods, Tech N9ne aborde les thèmes typiques d’une vie de gangster. Bien qu’à cette époque son nom ne soit pas encore connu, il fait la rencontre de 2pac avec qui il enregistre le titre Thugs Get Lonely Too. En 1999, il collabore avec Sway sur le titre The Anthem où il apparaît aux côtés d’Eminem, Xzibit, RZA (Wu-Tang) et KRS-One. La même année, son premier album voit le jour : The Calm Before The Storm.

Encore sous la tutelle de plusieurs labels et plusieurs contrats, Tech N9ne fait en 1999 la rencontre qui changera sa vie, celle de Travis O’Guin, ancien agent immobilier qui souhaitait s’investir dans l’industrie musicale. Grand fan du rappeur, Travis fait une offre à ce dernier en lui proposant de créer son propre label. Les deux hommes se mettent d’accord sur les termes du contrat, Travis devient président du label et Tech N9ne vice-président. Bien qu’ils furent toujours en contrat avec des maisons de distribution, le projet Strange Music était né.

2002 ou l’indépendance de son propre label

Il aura fallu attendre la sortie de l’album Absolute Power en 2002 pour que son label Strange Music s’affirme totalement indépendant. L’album est une consécration et est considéré encore aujourd’hui par ses fans, comme un de ses meilleurs opus. Tech N9ne est connu pour être un mélange des styles. Il est un grand fan de la musique Métal, et ses premiers titres gardent cette sonorité violente et sombre. Ses concerts sont de véritables shows scéniques, ou il arbore des maquillages tribaux avec souvent écrit « IX » sur le devant de son visage. Il lui aura fallu ensuite 4 ans pour sortir un nouvel opus : Everready. L’album est encore une fois très bien reçu par la critique et par ses pairs. Toujours sur sa lancée, Tecca Ninna enregistre les albums Misery Loves Kompagny (2007), Killer (2008), Sickology 101 & K.O.D. (2009).
L’album K.O.D. (King Of Darkness) marque une étape dans sa carrière. Le rappeur originaire de Kansas City retourne à ses ambiances d’origine, à savoir l’Horrorcore. On le voit se déguiser sur scène ou dans ses clips, en démons, en clown ou en roi avec les cheveux rouges. Ses tenues rappellent les couleurs de son ancien gang. Il s’agit sûrement de l’album le plus sombre de sa carrière avec des titres tels que Show Me A God, Leave Me Alone, Demons, etc. Dans une interview, Tech N9ne avait déclaré avoir écrit cet album lorsque sa mère avait de graves problèmes de santé. Cette dernière est décédée en 2013.

En juin 2011, la sortie de l’album All 6’s & 7’s permet au rappeur de toucher un public rap encore plus large. Il invite les grands noms du milieu tels que B.o.B, Snoop Dogg, Hopsin, Lil’ Wayne, ou encore Kendrick Lamar. Une autre des particularités de Tech est la rapidité de son rap, il est considéré comme l’un des rappeurs les plus rapides de l’histoire. Afin d’appuyer ce style, il enregistre le morceau Worldwide Choppers aux côtés de U$O, D-Loc, JL, Ceza, Twisted Insane, Yelawolf, Twista et Busta Rhymes. On aurait pu penser que ce double album (27 titres) laisserait du répit à Tech N9ne, et bien non, seulement 5 mois plus tard l’album Welcome To Strangeland voit le jour.

 

Totalement maître de sa musique, Tech N9ne sait diversifier son style, ce qui lui permet de faire autant d’albums sans jamais lasser ses fans. L’album Something Else (2013) en est d’ailleurs la preuve. On y retrouve les rappeurs Wiz Khalifa, T-Pain, The Game et bien d’autres, mais ce qui attire l’attention c’est la collaboration d’artistes bien loin de l’univers Hip-Hop. En effet, grand fan de Rock, il fait appel au groupe The Doors sur le titre Strange Days pour rendre hommage à Jim Morrison, l’artiste favori du rappeur. Serj Tankian du groupe System Of A Down offre sa voix pour un magnifique refrain sur le morceau Straight Out The Gate. Si on prend en compte les titres inédits disponibles en téléchargement, l’album est composé de 26 titres ! Lors de sa sortie, il s’est classé en 2ème place au Top Rap Album.

La carrière de Tech N9ne est unique en son genre. Le rappeur est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs de ces dernières années, toujours en activité et indépendant. Son label lui permet en effet de concrétiser chacun de ses projets avec une totale liberté. Il en profite également pour mettre en avant des rappeurs de son entourage en les invitant en featuring grâce à la série d’album Collabo dont font partie les projets Misery Loves Kompany, Sickology 101 et plus récemment Strangeulation (2014) qui réunit tous les artiste de son label. Pour marquer la sortie de cet opus, Strange Music avait mis en ligne un clip intitulé Strangeulation Cypher. Coup de promotion assuré pour son équipe, la vidéo dépasse les 6 millions de vues en quelques mois.

 

En activité depuis 25 ans, il semblerait que Tech N9ne ne cesse d’évoluer. Principalement à la frontière entre le rock et le rap, il déclare vouloir travailler avec encore plus d’artistes de tous les styles. En passant de Slipknot à Xzibit ou de Metallica à Jay-Z, il ne connaît aucune limite! Avec un tel palmarès, on ne doute plus du génie de Tech N9ne. – Aaron.

 





LE PALMARÈS URBAIN DES GRAMMY AWARDS 2015

12 02 2015

Dans la nuit du dimanche 8 à lundi 9 février, au Staple Center à Los Angeles, s’est déroulée la 57ème cérémonie des Grammy Awards. Sam Smith, est le grand gagnant avec 4 victoires remportées !

Grâce à son titre Stay With Me, le chanteur britannique Sam Smith a remporté plusieurs Grammy, dont celui de l’enregistrement de l’année ainsi que la chanson de l’année. Également récompensé pour l’album Pop de l’année et la révélation de l’année, Sam Smith, très ému sur scène a tenu à remercier un homme en particulier. Il s’agit de son ex-compagnon Jonathan Zeizel, danseur de profession. C’est en écrivant son album ainsi que lors du tournage d’un clip, que les deux hommes se sont rencontrés. Très touché, le chanteur déclare : « Tu vois, j’ai gagné 4 Grammy grâce à toi ». Durant la cérémonie, la chanteuse de R’n’B Mary J. Blige a rejoint le chanteur afin d’interpréter en duo le titre Stay With Me.

Suivi de près, avec 3 récompenses, on retrouve Beyoncé pour la meilleure chanson et performance R&B avec le titre Drunk In Love en featuring avec Jay-Z, ainsi que le meilleur album au son Surround. Ex aequo avec Queen B.on retrouve Pharrell Williams, lui aussi gagnant de 3 Grammy : meilleur album Urbain pour G I R L, ainsi que celui de la meilleure performance pop solo pour Happy. Ce dernier titre a également remporté le Grammy du meilleur clip de l’année. Rappelons qu’il a été réalisé par Clément Durou et Pierre Dupaquier, deux Français qui n’en sont pas à leur premier gros contrat, car ils ont déjà réalisé une publicité pour Evian.

Comme chaque année, la cérémonie des Grammy est le lieu où se retrouvent toutes les personnalités musicales les plus influentes. Devant autant de grands noms, tels que Kanye West, Beyoncé, ou encore Pharrell, certains ont du mal à tirer leur épingle du jeu. Pourtant cette année, le chanteur Beck, a réussi à créer la surprise avec son album Morning Phase, qui remporte les Grammys d’album de l’année et celui de l’album rock de l’année. Présent sur la scène musicale depuis 1988, Beck Hansen a participé à la B.O. du film Moulin Rouge, il a notamment collaboré avec Charlotte Gainsbourg sur le titre Heaven Can Wait, et à co-écrit bon nombres des titres de son 3ème album.

On pourrait penser que cette soirée se serait déroulée sans accroc, seulement voilà, Kanye West étant présent dans la salle, il n’a pas manqué de faire parler de lui ,encore une fois ! Souvenez-vous, en 2009 lors des MTV Videos Music Awards, Kanye, a littéralement arraché le micro des mains de Taylor Swift pour expliquer que selon lui, Beyoncé méritait la victoire pour son clip Single Ladies. Le geste fut tellement surprenant que désormais on s’attend toujours a une intervention de Kanye lors de telle cérémonie. Et en effet, ça n’a pas loupé ! Lorsque le chanteur Beck a récupéré ses trophées, le rappeur de Chicago est monté sur scène… Mais s’est ensuite ravisé et est reparti. Bien entendu, ce dernier a quand même tenu à s’exprimer face au caméra : « Beck doit respecter le talent et aurait dû donner son trophée à Beyoncé. On en a marre. […] Les Grammy sont irréspectueux vis-à-vis de l’inspiration. […] Je suis là pour me battre pour la création. C’est pourquoi je n’ai rien dit ce soir. Mais vous savez tous ce que ça signifie quand Kanye monte sur scène », a-t-il conclu.

Iggy Azalea a subi malgré elle des polémiques. Souvent critiquée pour sa musique, la chanteuse australienne a effectivement été nominée pour le titre d’album rap de l’année, aux côtés des rappeurs Common, Wiz Khalifa, SchoolBoy Q, ainsi que Childish Gambino. C’est finalement Eminem qui remportera le titre grâce à son opus The Marshall Mathers LP 2, ainsi que la meilleure performance rap/chantée pour The Monster en featuring avec Rihanna. Toujours dans la catégorie Rap, Kendrick remporte le Grammy de la meilleure performance rap pour son titre I. – Aaron.

 

Palmarès urbain des Grammy Awards 2015 :

Enregistrement de l’année : Stay With Me de Sam Smith
Chanson de l’année : Stay With Me de Sam Smith
Révélation de l’année : Sam Smith
Album de l’année : Morning Phase de Beck
Meilleur album rock : Morning Phase de Beck
Meilleure chanson rock : Ain’t It Fun de Paramore
Clip de l’année / Meilleure Performance solo: Happy de Pharrell Williams
Meilleure Performance / Chanson R&B : Drunk In Love de Beyoncé
Meilleur album Reggae : Fly Rasta de Ziggy Marley
Meilleure performance Rap : I de Kendrick Lamar
Meilleure performance rap/chantée : The Monster, Eminem featuring avec Rihanna
Album Rap de l’année : The Marshall Mathers LP 2 d’Eminem





‘LOS ANGELES VS. EVERYBODY’ : LA RÉPONSE DE SNOOP DOGG À EMINEM

16 11 2014

Le 11 novembre, Eminem a mis en ligne le single Detroit Vs. Everybody, le troisième extrait de son prochain album Shady XV. Dans ce nouveau titre, Eminem a fait appel à Dj Loaf, Danny Brown, Royce Da 5’9, Big Sean et Trick Trick, tous originaires de Détroit afin de parler de leur ville natale et faire part de leurs expériences personnelles de cette dernière.

Ayant sûrement apprécié le concept d’Eminem, Snoop Dogg a publié sur son compte Instagram la possible pochette du projet Los Angeles Vs. Everybody. Très loin d’une théorie sur un possible « clash » contre les rappeurs de Détroit, Snoop a décidé de réunir quelque uns des plus grand noms de la West Coast, de l’ancienne à la nouvelle génération. Si le projet se concrétise, Snoop sera accompagné de YG, Problem, Dom Kennedy, Tyler The Creator, Kendrick Lamar, Nipsey Hussle, The Game, Crooked I, Kurupt et Dr. Dre ! Une affiche qui a de quoi ravir les fans du rap typique de la West Coast, bien que de nombreux auditeurs ne soient pas totalement d’accord sur la présence, où l’absence, de certains artistes. -Aaron

 





EMINEM DÉVOILE LA POCHETTE DE SON PROCHAIN ALBUM : ‘SHADY XV’

15 10 2014

Eminem dévoile sur son compte Instagram la couverture de son prochain album. Une image de tueur en série qui présage un retour aux sources. 

Le 5 novembre 2014 marquera les 1 an de The Marshall Mathers LP 2, le huitième et dernier album d’Eminem. Bien que cet opus ne connut pas le même succès que le premier du même nom (The Marshall Mathers LP) sorti en 2000, Eminem, dès la fin de sa tournée mondiale, a rapidement annoncé la sortie d’un nouvel album : Shady XV. Il en dévoile la couverture sur son compte Instagram le 13 octobre.

Avec un masque et deux tronçonneuses en forme de croix, la couverture de Shady XV rappelle l’époque des classiques d’Eminem où il aimait à se prendre pour un sérial killer, ce qui pourrait laisser présager un retour aux sources pour ses fans. Le titre Shady XV fait référence quant à lui, aux quinze ans passés depuis la création de son label Shady Records, mais également à la date de sortie de son second album studio Slim Shady LP, paru en 1999. Pour cette date anniversaire, le rappeur originaire de Détroit offre à ses fans un double album qui comprendra un CD avec des titres totalement inédits, et un second réunissant les meilleurs morceaux que le label a produit aux côtés de divers artistes tels que Obie Trice, 50 Cent, Lloyd Banks… Le 1er single Guts Over Fear (en featuring avec Sia) est disponible depuis le 25 août 2014, soit exactement un an après la sortie de Berzerk, qui lui aussi, annonçait la venue d’un album. Sur le disque inédit, on pourra aussi retrouver Eminem aux côtés de son groupe D-12, Slaughterhouse ou bien encore Yelawolf. L’album est prévu pour le 24 novembre prochain. -Aaron.

 





EMINEM, LE CLIP ‘HEADLIGHTS’

12 05 2014

Eminem s’est offert les services du célèbre réalisateur Spike Lee, pour son nouveau clip ‘Headlights‘, featuring Nate Ruess. Dans cet extrait de l’album ‘The Marshall Mathers LP 2′, le rappeur de Détroit s’excuse auprès de sa mère, après lui avoir fait subir plusieurs préjudices. C’est pourquoi il a choisi de mettre en ligne la vidéo hier, le jour de la Fête des Mères, aux Etats-Unis.

 





50 CENT DÉCIDE DE QUITTER LE LABEL SHADY RECORDS/AFTERMATH

26 02 2014

Après une collaboration de 12 ans, quatre albums et 30 millions d’exemplaires vendus à travers le monde, 50 Cent décide de quitter le label d’Eminem pour se tourner vers la maison de disque indépendante Caroline Records.

En 2012, Fifty mettait déjà en avant quelques accrochages avec son label, menaçant même de sortir un album disponible gratuitement sur Internet : « Je ne suis pas heureux actuellement avec mon label. J’ai perdu la foi dans ce que je fais, je n’ai rien d’autre à dire », avait déclaré le rappeur.
Toutefois, 50 Cent aura su remonter la pente et continuer les collaborations avec ses deux mentors. L’année suivante, il enregistre le titre We Up avec Kendrick Lamar, le dernier protégé en date de Dr. Dre.

Le prochain projet de 50 Cent, intitulé Animal Instinct, sortira ainsi sous le nouveau label le 3 juin, mais il sera disponible en pré-commande dès le 18 mars. Pour assurer la promotion de son album, un clip sera mis en ligne chaque semaine jusqu’à la sortie officielle.

Evidemment, la réaction d’Eminem était très attendue : « Shady Records et moi sommes heureux d’avoir eu la chance de jouer un rôle dans la carrière de Fifty. Le label Shady ne serait tout simplement pas ce qu’il est sans 50 CentJ’ai développé une grande amitié avec lui, au cours des années et cela ne va pas changer ».
Rappelons également que c’est Eminem qui a découvert Lloyd Banks et donné la possibilité à Fifty de créer le groupe G-Unit : « Nous savons que Fifty aura du succès dans sa nouvelle situation et nous restons partisans de sa musique et de G-Unit », détaille le rappeur.

50 Cent quitte le label Shady Records, mais il se montre reconnaissant : « J’ai connu un grand succès grâce à Shady Records et Aftermath, c’est pourquoi je tiens à remercier Eminem et Dr.Dre pour m’avoir donné cette grande opportunité. J’ai beaucoup appris d’eux durant toutes ces années, désormais je suis très excité à l’idée d’entrer dans une nouvelle ère où je pourrais m’occuper entièrement de mon univers artistique. » – Aaron.